La planète Jupiter

Planète Jupiter

L’astre qui a reçu le nom du dieu le plus puissant de l’antiquité mérite bien son nom, Jupiter est en effet l’astre le plus imposant du système solaire après le Soleil. Sa masse surpasse celle de toutes les planètes et les astéroïdes réunis. Après Vénus, c’est la planète la plus brillante du ciel nocturne.

L’observation de Jupiter depuis la Terre

On connaît Jupiter depuis toujours. Par contre, les observations à l’oeil nu n’ont jamais permis d’en apprendre beaucoup sur la planète géante. Galilée a fait un grand pas en 1610, à l’aide d’une lunette astronomique de sa fabrication, il a découvert quatre astre qui ne s’éloignaient guère de Jupiter. Il en conclut que c’étaient quatre satellites, comme la Lune pour la Terre. Ces satellites galiléens renforcèrent la théorie héliocentrique de Copernic. La Terre ne pouvait plus être le centre absolu, puisque au moins quatre astres avaient pour centre une autre planète.

Observation et étude de Jupiter par les sondes spatiales

Avant l’arrivée des sondes spatiales, les données sur Jupiter étaient limitées. On connaissait l’existence de quelques tempêtes, dont l’incroyable Grande Tâche Rouge, et quelques satellites supplémentaires, mais c’est tout. Les sondes Pioneer, Voyager et Galiléo ont révélé beaucoup plus de détails. Le nombre de satellites que compte la géante s’étend désormais à plusieurs dizaines, bien que la majorité ne soient que des astéroïdes capturés. Des détails intéressants de l’atmosphère sont maintenant connus. Elle se compose majoritairement d’hydrogène et d’une proportion moindre d’hélium. Elle est alimentée par des tempêtes semi-permanentes et des vents de l’ordre de quelques centaines de km/h. La Grande Tâche Rouge est une tempête qui pourrait engloutir la Terre deux fois. En s’approchant du centre, l’hydrogène devient liquide, et finit par former de l’hydrogène métallique, un excellent conducteur électrique, à l’origine du gigantesque champ magnétique de Jupiter. Ce dernier s’étire à quelques millions de kilomètres devant la planète ( direction Soleil ) et atteint l’orbite de Saturne du côté opposé. L’interaction de ce champ avec les particules électriquement chargées éjectées par le satellite volcanique Io crée un phénomène s’approchant des aurores polaires terrestres.

La violence des conditions météorologiques joviennes s’explique en partie par le fait qu’elle émet plus d’énergie qu’elle n’en reçoit du Soleil. Ce phénomène est du à une lente compression gravitationnelle de la planète. En effet, son diamètre n’est pas tout à fait stable et diminue encore un peu. La température au coeur de la planète doit s’approcher des 20 000 K. Contrairement à ce que certains pensent, Jupiter n’est pas une étoile manquée. Pour pouvoir amorcer les réactions de fusion nucléaire, elle aurait du être 80 fois plus massive.

L’anneau de Jupiter

A la surprise générale, les sondes Voyager ont révélé la présence d’un anneau très fin, invisible depuis la Terre. Cet anneau aurait du disparaître avec le temps mais semble être alimenté par les débris des satellites avoisinants. Lorsque ces satellites auront disparus, les anneaux subiront le même sort.

Les satellites

Jupiter ne possède que quatre satellites de taille importante : les satellites galiléens. Les autres ne sont que des astéroïdes capturés. Dans l’ordre à partir de la planète on peut citer : Métis, Adrastée, Amalthée, Thébé, Io, Europe, Ganymède, Callisto, Léda, Himalia, Lysithéa, Elara, Ananke, Carme, Pasiphaé et Sinopé. Comme c’est le cas pour les autres géantes, il existe vraisemblablement d’autres satellites, qui seront tôt ou tard répertoriés.

Io

Un phénomène inattendu fut observé sur Io à l’approche des sondes spatiales : un intense volcanisme. Ce satellite est le plus actif du système solaire. Les forces de marées entre elle et Jupiter additionnées à un effet de résonance entre Io, Ganymède et Europe pétrissent le satellite et le chauffent intérieurement par agitation mécanique. Résultat : des éruptions de gaz de plusieurs milliers de km/h qui retombent lentement sur la surface, recouvrant toutes traces du passé, et donnant à Io une belle variété de couleur. Certains farfelus l’apparente parfois à une pizza géante !

Europe

Europe est caractérisé par une surface de glace excessivement lisse. Un effet de marées est également présent, mais beaucoup moins important que pour Io. Sous la couche de glace que l’on estime à une dizaine de kilomètres, la présence d’un immense océan d’eau liquide est soupçonnée. Si c’était le cas, Europe serait le seul endroit du système solaire autre que la Terre à posséder une quantité significative d’eau liquide. Malgré la grande distance qui sépare l’astre du Soleil, une source de chaleur interne, provoquée soit par des geysers sous-marins ou par les contractions de ce satellite pourrait maintenir une température agréable au fond de l’océan, permettant peut-être l’apparition de la vie.

Ganymède

Ganymède est non seulement le plus gros satellite jovien, mais le plus gros du système solaire. La géologie de Ganymède est très complexe. On croit que, jadis, régnait une tectonique des plaques. Mais aujourd’hui, la surface est complètement gelée et la couche de glace doit faire plusieurs centaines de kilomètres. C’est un des rares satellites à avoir un champ magnétique qui lui est propre. L’origine de ce dernier est sûrement la même que pour celui de la Terre : un noyau métallique.

Callisto

Callisto est le dernier des quatre satellites galiléens. Son histoire géologique est très peu complexe, contrairement à Ganymède. Sa surface est la plus veille de toutes celles observées dans le système solaire et par ce fait la plus cratérisée. Elle possède un énorme cratère d’impact semblable au Bassin Caloris sur Mercure et aux mers lunaires. Sa surface gelée cache peut-être un mince océan d’eau salée, beaucoup plus petit par contre que celui soupçonné sous la surface d’Europe.

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